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LE CHU-B NE DOIT PAS MOURIR : LE CRI D'ALARME DU DG QUI GALVANISE ET RAVIVE L’ESPOIR

ven. 26 juin 26

Quatre mois sans salaire, des services désertés, des antivaleurs qui gagnent du terrain, mais aussi des chantiers de réhabilitation en cours. Face à une situation qu'il qualifie de critique, le directeur général du Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville (CHU-B), le Pr Alexis Raoul Thierry Ngombet, a livré un discours sans détour devant les chefs de service. Un appel à la responsabilité pour éviter l'effondrement du plus grand hôpital public du Congo.

UN APPEL CHOC

Le message est direct, sans détour et parfois sévère. Réunis le 26 juin dans l'auditorium du CHU de Brazzaville, les chefs de service ont été invités à regarder la réalité en face.

Pour le directeur général, l'heure n'est plus aux divisions ni aux querelles internes.

« Les patrons et l'âme des services, c'est vous. Battez-vous pour que le CHU-B ne meure pas malgré la dureté des temps. »

Le Pr Alexis Raoul Thierry Ngombet a également dénoncé les critiques formulées en coulisses.

« C'est à moi qu'il faut parler et en face. À moi on ne dit rien, mais j'apprends tout dehors. »

QUATRE MOIS SANS SALAIRE

Le constat est alarmant.

Le CHU-B accuse quatre mois d'arriérés de salaires dans un contexte où la subvention de l'État arrive de manière irrégulière. Une situation qui fragilise le fonctionnement quotidien de l'établissement.

Pour autant, le directeur général refuse que cette crise serve de justification aux dérives.

« Le CHU-B vit les mêmes problèmes depuis plus de vingt ans. Nous n'avons pas perdu la passion du métier. J'ai peur que vous perdiez cette passion au contact de cette dure réalité. »

LES ANTIVALEURS DANS LE VISEUR

Absentéisme, services désertés, mauvaise exécution des soins, demandes d'argent aux patients...

Le directeur général n'a rien caché des difficultés qui affectent aujourd'hui le fonctionnement de l'hôpital.

« Nous avons constaté une inflation des antivaleurs. Certains désertent les services, d'autres réclament de l'argent aux malades. Cela ne peut pas continuer. »

Mais il refuse de condamner l'ensemble du personnel.

« La majorité continue à faire son travail. On opère chaque jour, on réalise des césariennes et on sauve des vies avec les moyens disponibles. »

DES TRAVAUX MALGRÉ LA CRISE

Au milieu des difficultés, le CHU poursuit sa modernisation.

Après la rénovation de la néonatologie et des soins intensifs pédiatriques, les travaux concernent désormais les urgences et la pédiatrie. Le grand bloc opératoire et la tour chirurgicale devraient suivre.

Le plateau technique sera également renforcé.

« Dans deux à trois mois, le CHU disposera d'une radiologie standard et les laboratoires pourront fonctionner dans de meilleures conditions. »

LE RETOUR DE L'INTERNAT EN LIGNE DE MIRE

Le directeur général veut aussi engager des réformes de fond.

Il propose la relance de l'internat et de l'assistanat hospitaliers ainsi que la création de quatre grands pôles hospitaliers : médecine, chirurgie, obstétrique et pédiatrie.

Objectif : moderniser l'organisation de l'hôpital et améliorer durablement la qualité des soins.

LE DG RECONNAÎT SES ERREURS

Les chefs de service n'ont pas hésité à interpeller leur directeur.

L'un d'eux a regretté de ne pas être informé des travaux engagés dans son propre service.

Le Pr Ngombet a reconnu cette insuffisance.

« Nous prenons cela sur nous. Nous allons corriger ce manquement. »

Concernant la réhabilitation de la tour chirurgicale, il reste prudent.

« Nous allons essayer de terminer avant la fin de l'année. Cela peut se faire avant, mais c'est difficile. »

UN MESSAGE D'ESPOIR

À la fin de la rencontre, le directeur général a expliqué que cette communication s'inscrivait dans une série d'échanges avec l'ensemble du personnel hospitalier.

Selon lui, les autorités ont assuré que la situation salariale devrait progressivement s'améliorer.

« Nous avons reçu l'assurance du gouvernement que les efforts sont en cours. Un salaire pourrait être payé dans les quarante-huit heures et le reste suivra. »

Au-delà des difficultés financières, le patron du CHU appelle surtout ses collaborateurs à préserver les valeurs de la profession.

« Il faut garder l'espoir, conserver la passion du métier et penser avant tout aux malades. »

En lançant cet appel solennel aux chefs de service, le Pr Alexis Raoul Thierry Ngombet a voulu envoyer un signal fort : la survie du CHU de Brazzaville dépend désormais autant des moyens financiers que de l'engagement collectif de ceux qui y travaillent.

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