IL ROMPT LE SILENCE : APRES SA DEMISSION DU CLUB 2002-PUR, JUSTE DESIRE MONDELE ENVOIE UN MESSAGE
Alors que sa démission du secrétariat général du Club 2002-PUR et de cette formation politique continue d'alimenter les débats politiques, Juste Désiré Mondélé choisit de déplacer le curseur. Face à Brazza Net, il défend une vision sans détour de l'assainissement urbain, promet la fermeté contre les déchets plastiques et les occupations anarchiques, tout en martelant un message fort : « L'objectif, c'est le zéro déchet, pas le profit. » Une interview où l'environnement prend le pas sur la politique.
BRAZZA NET MEDIA : Nous parlons environnement, assainissement, zéro déchet plastique. Mais le microcosme politique est secoué d’apprendre votre démission, vous le secrétaire général du Club 2002. Pouvez-vous nous en dire davantage ?
J.D.M : Je peux tout simplement dire que nous sommes en pleine journée citoyenne, il fait beau, nous avons fait une belle et longue marche sportive en travaillant pour rendre propre notre ville. Cette journée est apolitique, totalement apolitique. Je profite d'ailleurs de votre question pour lancer un appel aux acteurs politiques à mobiliser davantage leurs partisans autour des questions de l'assainissement, de la réduction des déchets plastiques, de tous les déchets solides et liquides. Nous devons aller vers un consensus national sur les questions de lutte contre l'insalubrité.
B.N : La journée étant totalement apolitique, quel est votre premier constat sur l'état actuel de Brazzaville ?
Juste Désiré Mondélé : De voir que notre ville s'embellit, notre ville est de plus en plus propre et c'est une conjugaison d'efforts, à la fois des pouvoirs publics mais aussi des citoyens eux-mêmes. Donc on a plutôt intérêt à préserver cet état de notre ville, d’avoir une ville propre, à continuer à la verdir, parce qu'on a pu voir aussi une ville verte de plus en plus.
B.N : Comment pérenniser ces résultats ?
J.D.M : Il faut continuer à soutenir la collectivité, continuer à accompagner, à appuyer toutes les initiatives qui convergent vers l'objectif zéro déchet, vers l'objectif zéro déchet plastique, vers l'objectif zéro ordure ménagère, ordure industrielle et de tout ordre. Il faut aussi continuer à converger vers véritablement une ville propre. C’est possible avec toutes les voiries urbaines qui sont en aménagement, qui sont aménagées, avec en effet les trottoirs aussi aménagés qui permettent à ce que les citoyens finalement prennent du plaisir à marcher, à faire aussi de la marche sportive. Il nous revient à tous de maintenir cet état, de maintenir cet environnement propre.
B.N : Qu’en est-il de la situation des commerçants et des marchés ?
J.D.M : Vous avez parlé des marchés, vous voyez, la préoccupation qui a toujours été celle du gouvernement, naturellement ce sont des instructions claires et nettes du président de la République, de permettre à nos mamans de travailler en sécurité. Je parle de nos mamans principalement parce que c'est elles qui sont souvent aux abords des chaussées pour faire le petit commerce informel et qui vient renforcer le panier de la ménagère. Si l'on prend l'exemple de Dragage, pour ceux qui ont connu ce site, il n'était plus indiqué de vendre ainsi pour des raisons de sécurité, d'environnement, de qualité de vie et de qualité même des produits. Il n'était plus question d'exposer nos mamans et nos papas, ainsi que les jeunes qui faisaient leur commerce. Aujourd'hui, il y a un marché qui est en construction, nous l'avons visité et il sera bientôt livré. Ce sera pour permettre, en effet, dans ce quartier qui a connu la tragédie du 4 mars et qui est en train aussi de se reconfigurer avec le Musée national, d'offrir un cadre de vie adéquat. D'où ce marché domanial de qualité.
B.N : Vous vous trouvez actuellement à Saint-Denis. Quel est le but de cette étape ?
J.D.M : Alors ici on est à Saint-Denis, on est venu voir aussi et saluer toutes les initiatives citoyennes. Là, on a une initiative privée derrière nous, c'est une initiative du président de la République. Ce terrain baptisé Saint-Denis est ouvert à tous les citoyens, pas seulement de Ouenzé et de Mpila, mais aussi à des gens qui viennent tout simplement des autres quartiers de Brazzaville pour jouer au foot et se retrouver. Cet espace, aménagé par le président de la République lui-même, est à la disposition du public et parfois même des confessions religieuses. C'est l'occasion de le remercier pour ces infrastructures en tant que premier citoyen de la République et premier citoyen de la ville de Brazzaville.
B.N : Qui dit marché domanial dit profit et rentabilité, non ?
J.D.M : Non, pas du tout ! Marché domanial ne veut pas spécialement dire rentabilité ou profit. D'ailleurs, je veux dire que dans tous nos marchés domaniaux, il n'y a pas un privé qui a investi, qui a construit son marché et qui a demandé des autorisations ; et ça, je l’ai dit sous le contrôle du député-maire de Brazzaville. C'est l'État. Tous les marchés domaniaux, que ce soit à Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Ouesso, Kinkala, et j'en passe, sont des marchés construits par l'État. L'État les met à la disposition des collectivités locales, mais l'objectif n'est pas le profit. L'objectif, c'est de permettre à ce que le commerce soit exercé dans les meilleures conditions.
B.N : Quel est donc le véritable but de ces structures ?
J.D.M : L'objectif, c'est aussi de garantir de bonnes conditions pour les aliments et les denrées alimentaires. En réalité, il nous revient de prendre soin de ces marchés. Le but d'avoir de la ressource financière, c'est de contribuer à ce que le marché soit bien géré, qu'il soit autogéré. Comme c'est le cas aujourd'hui, ce sont les associations des marchés qui les gèrent. Qu'il y ait demain des concessions, des affermages et autres, soit, mais l'objectif, une fois de plus, ce n'est pas le profit. Ça, c'est lorsque les privés vont construire leur propre marché, naturellement ce sera pour le profit. Mais pour l'heure, l'objectif est vraiment d'aider les Congolais à exercer leur métier de vendeur ou vendeuse dans les meilleures conditions possibles, et de permettre aussi aux consommateurs congolais d'acheter des produits de bonne qualité.
B.N : Cela demande-t-il une contrepartie des usagers ?
J.D.M : Cela demande l'effort des uns et des autres. Il faut apporter sa contribution. Pour faire quoi ? Pour nettoyer le marché, pour l'éclairage, pour la gestion des chambres froides, et pour tous les mécanismes et moyens de fonctionnement du marché. Le Président venait d'inaugurer un marché moderne à Pointe-Noire, au niveau de l'arrondissement 1 Lumumba, mais vous voyez, ce type de marché requiert une gestion particulière. Voilà, donc on est plutôt satisfait, mais il y a une exigence commune et partagée de maintenir le standard.
B.N : Justement, qu’allez-vous faire face à la recrudescence des déchets plastiques ?
J.D.M : On a revu encore les sachets et les emballages en plastique dans les rues. En gros, il y a une recrudescence des emballages avec de l'eau et des boissons diverses. On ne va pas revenir sur des décisions qui ont déjà été prises : donc, on devrait sévir et faire en sorte que tout le monde respecte la loi.
B.N : Qu’en est-il de l'encombrement des routes par les épaves de véhicules ?
J.D.M : Il faut dire aux Brazzavillois et demander aux usagers de la route d'entretenir la route : c'est notre bien commun. Il y a de plus en plus d'épaves de véhicules qui obstruent de nouveau nos voies et nos voiries. Là aussi, demain, on ne va plus avertir. Le jour où on va passer, ce sera pour enlever les véhicules, en bon état ou pas.
B.N : Et pour la problématique des parkings et des lavages autos sauvages ?
J.D.M : Il y a la problématique des parkings. Derrière, il y a des emplois et on le respecte, mais il faut qu'on règle les problèmes à visage humain. On ne peut pas avoir ce qu'on appelle entre guillemets des « parkings » qui sont en réalité des lavages automobiles, où l'on ne se préoccupe pas des eaux usées alors que les riverains sont en difficulté. On a cette problématique vers la pharmacie de nuit Jagger. Nous allons évaluer la situation dans tous les arrondissements et dans tous les quartiers, à Brazzaville et Pointe-Noire principalement pour commencer, et voir comment régler ces difficultés. Si l'on veut exercer, on va réglementer et organiser tout cela. Mais les eaux usées, les ordures et les déchets ne peuvent pas être uniquement l'affaire de l'État et des collectivités locales.
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