VIOLENCES XENOPHOBES EN AFRIQUE DU SUD : LES PREMIERS CONGOLAIS RAPATRIÉS RACONTENT L’HORREUR, LE GOUVERNEMENT PROMET DE LES RELEVER
Le gouvernement congolais a accueilli, ce dimanche 5 juillet, les premiers ressortissants rapatriés d’Afrique du Sud, fuyant une vague de violences xénophobes d'une rare intensité ciblant les communautés étrangères.
À bord d’un vol spécial de la compagnie nationale ECAir, 65 Congolais ont atterri à l’aéroport international Maya-Maya, marquant le coup d'envoi d’une opération de sauvetage et de rapatriement volontaire de grande envergure.
À leur descente d'avion, l'émotion était à son comble. Les rapatriés ont été reçus directement sur le tarmac par le Premier ministre Anatole Collinet Makosso, entouré de plusieurs membres du gouvernement, de hauts responsables administratifs et de représentants du système des Nations unies.
VOUS ÊTES CHEZ VOUS, LE CRI DE SOLIDARITÉ DE L'ÉTAT
Prenant la parole au nom du président de la République, le chef du gouvernement a tenu à rassurer immédiatement ses compatriotes meurtris.
« Vous êtes chez vous », a-t-il lancé avec fermeté. Tout en condamnant avec virulence ces violences qui ciblent spécifiquement les Africains, Anatole Collinet Makosso a déploré des actes en totale contradiction avec les valeurs ancestrales de paix, d’unité et de solidarité du continent. Il a toutefois rappelé que la République du Congo préserverait ses relations fraternelles historiques avec l’Afrique du Sud, malgré la crise.
DEPUIS LE SOMMET DE L'ÉTAT
Le premier ministre a révélé que dès les premiers signaux d'alerte, le président de la République avait donné des instructions strictes. Le gouvernement, l'ambassade du Congo en Afrique du Sud et le ministère des Affaires étrangères se sont immédiatement mis en ordre de marche pour identifier les Congolais en détresse, sécuriser leurs positions et affréter en urgence l'appareil d'ECAir. Un tour de force logistique salué par les autorités.
PSYCHOSE, TRAUMATISMES, RECONSTRUCTION
Mais le défi ne s'arrête pas au voyage. Conscient des séquelles, le gouvernement promet un plan d'accompagnement global. Des mesures d'assistance sociale d’urgence et un suivi psychosocial complet vont être déployés pour aider ces hommes et ces femmes à surmonter les traumatismes vécus.
Le Premier ministre a également exhorté les rapatriés à valoriser l'expérience et les compétences acquises à l'étranger pour booster le développement du pays : « votre retour n'est pas un échec », a-t-il martelé, rappelant le droit constitutionnel de chaque citoyen de revenir sur sa terre natale.
LE TÉMOIGNAGE QUI GLACE LE SANG
Derrière les chiffres se cachent des tragédies humaines absolues. Parmi les rescapés, le témoignage d'un Congolais installé là-bas depuis 22 ans a plongé l'assistance dans la stupeur.
Selon lui, la réussite économique des étrangers a nourri une jalousie et une haine aveugle. Pris au piège par la violence, il a dû tout abandonner du jour au lendemain : ses projets, sa vie, et plus douloureux encore, ses quatre enfants, faute de moyens pour payer leur billet de retour. Sans logement à Brazzaville, ses parents étant décédés, il revient les mains vides et lance un appel désespéré à l'aide pour obtenir un emploi ou un appui financier de départ.
L'ÉVACUATION CONTINUE
Ce premier contingent de 65 personnes en provenance de Johannesburg et de sa périphérie n'est que le début. Les autorités congolaises ont confirmé que la cellule de crise restait active. D'autres vagues de départs sont d'ores et déjà programmées dans les prochains jours, notamment pour évacuer les compatriotes basés à Le Cap (Cape Town) et dans les petites localités environnantes.
Le ministère des Affaires étrangères, les services sociaux et leurs partenaires internationaux restent mobilisés pour assurer un corridor sécurisé jusqu'au retour complet de tous les Congolais désireux de fuir la crise.
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