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TENSIONS EN HAUSSE ET MOINS PROPICES A LA BONNE COLLECTE DES RECETTES DOUANIERES : LE FEU COUVE SOUS LA CENDRE A LA DFE EN MISSION DE DESTABILISATION ET LA BOMBE EST DEGOUPILLEE

lun. 17 août 26

TENSIONS EN HAUSSE ET MOINS PROPICES ABras de fer syndical. Accusations de dysfonctionnements. Emoluments des agents non reversés dont le fameux TEL (Travail Extra Légal). Documents comptables falsifiés et contestés. Nominations décriées. Mea culpa et récidives. Des larmes de crocodile. Hypocrisie. Crimes et trahison. Recettes en baisse. La douane congolaise désarticulée est presque sur cale. Et, le coupable est désigné, mais le ministre ferme yeux et oreilles. 

L’administration douanière congolaise traverse une zone de fortes turbulences. Au centre de la controverse, la Direction des finances et de l’équipement (DFE). Les syndicats réclament désormais le départ de la directrice et menacent de durcir leur mouvement.

Le cabinet du ministre joue les sapeurs-pompiers. Le ministre de tutelle est dans les vaps, le directeur général se fait discret. Alors que le directeur départemental de Brazzaville soupçonné de liaison dangereuse avec une directrice centrale au cœur du scandale dont il serait le parrain. 

LA DFE, NOUVEAU FOYER DE CRISE

La tension ne retombe pas en douane depuis plusieurs semaines. La Direction des finances et de l’équipement cristallise une partie des critiques internes. Des syndicalistes dénoncent des pratiques qu’ils jugent incompatibles avec les règles de gestion administrative et financière, tandis que certains responsables départementaux évoquent, selon les témoignages rapportés dans le dossier, des pressions et des interventions dans leur fonctionnement.

Le malaise aurait atteint un nouveau sommet avec le verrouillage de certains bureaux de la DFE par la directrice en juin dernier, intervenu dans un contexte de des nominations faites par le ministre.

Mais derrière cet épisode se joue la plus profonde des batailles, le contrôle de la gestion financière et administrative d’une régie dont les performances intéressent directement les finances publiques. C’est la mission de déstabilisation confiée à la Directrice des finances et de l’équipement selon les syndicalistes à laquelle les donneurs d’ordre se font passer pour des passagers clandestins : déstabiliser l’administration à tout prix et créer la paralysie. 

ORDONNATRICE OU COMPTABLE ?

C’est l’une des accusations les plus sensibles contenues dans le dossier. Selon les éléments rapportés, la directrice des finances et de l’équipement, présentée comme comptable légale de la douane, aurait également exercé des prérogatives relevant de l’ordonnateur.

Le dossier évoque notamment des engagements de dépenses dont les modalités seraient restées opaques. Plus spectaculaire encore, des travaux auraient été engagés dans un bâtiment de la direction générale sans appel d’offres et autorisation du Directeur général qui est l’ordonnateur de l’administration, alors que la procédure en matière des finances publiques est très encadrée. C’est la société de sa fille qui a réalisé les travaux dont la fixation du montant serait faite de façon arbitraire. L’information aurait été donnée au ministre des finances et à son cabinet par les syndicalistes, toujours en attente d’une suite disciplinaire.

TROIS SIGNATURES, MAIS DEUX SUR LA TABLE ?

Autre point de friction, les pièces comptables. Selon le dossier, les états de recettes et de dépenses devraient porter trois signatures et cachets : ceux du chef de service finances, du directeur des finances et de l’équipement et du directeur général des douanes et des droits indirects.

Or, un document daté du 14 août 2026, faisant état d'une somme de 44,275 millions de FCFA, ne comporterait que deux signatures au lieu de trois comme dans les documents officiels de l’administration utilisés habituellement. Il pourrait s’agir d’un Faux et usage de faux en écriture publique portant sur la falsification des documents.

Le dossier s’interroge sur la régularité de cette pièce et sur les conditions dans lesquelles les dépenses auraient été engagées. Ces accusations, particulièrement graves, appellent naturellement des explications des responsables concernés. C’est probablement le mode opératoire qui a permis à la DFE d’utiliser les fonds de l’administration des douanes sans l’autorisation du Directeur général. Le montant des détournements de fonds publics s’élèverait à plus de 100 millions de FCFA sur une période de moins de deux mois qui auraient servi au paiement des émoluments des douaniers.

LE 14 JUILLET, LE FEU PREND

La crise syndicale ne serait toutefois pas née de cet épisode. Le dossier situe un tournant au 14 juillet 2026, lors d’une réunion entre le cabinet du ministre des Finances et les représentants syndicaux des douanes. Sur la table, la situation générale de l’administration, émoluments, nominations et comportements jugés insubordonnés de certains responsables figuraient notamment au menu des discussions.

Les syndicats auraient alors remis un cahier de revendications particulièrement sévère. Ils y dénonceraient notamment la fermeture de bureaux, des engagements de dépenses jugés irréguliers et des soupçons de conflits d’intérêts autour de certains contrats administratifs.

LE CARTON ROUGE

Leur position est désormais clairement affichée. Le départ de la directrice des finances et de l’équipement serait devenu, selon le dossier, un « préalable incontournable et non négociable ».

Les organisations syndicales l’accuseraient de malversations et d’incompétence et auraient, selon les sources citées, porté leurs revendications auprès du cabinet du ministre des Finances, notamment auprès du conseiller chargé des douanes et du conseiller administratif et juridique.

Une revendication qui transforme désormais le dossier DFE en véritable épreuve d’autorité pour la tutelle.

UN DD DANS LA LIGNE DE MIRE

Et comme si la crise ne suffisait pas, un autre front s'est ouvert. Le dossier met en cause le directeur départemental des douanes de Brazzaville, auquel certains syndicalistes reprocheraient d’être intervenu auprès du cabinet du ministre afin de soutenir le maintien de la directrice de la DFE.

Les syndicats y voient le symptôme d’un système d’influence et s’interrogent sur le rôle de certaines relations personnelles dans les nominations et la gestion des dossiers administratifs.

ULTIMATUM SUR LA TABLE

Le 21 juillet, selon les sources citées dans le dossier, les syndicats auraient rencontré le directeur départemental des douanes de Brazzaville pour lui demander de revoir sa position et d’intervenir en faveur du départ de la directrice de la DFE.

La menace brandie serait lourde de conséquences, fermeture et fermeture des bureaux. Une telle action pourrait perturber sérieusement le fonctionnement des services douaniers et, par ricochet, la mobilisation des recettes publiques.

AU BORD DE L’ASPHYXIE

Derrière le conflit de personnes se dessine la capacité de l’administration douanière à remplir sa mission.

Le cahier revendicatif dénoncerait notamment des ingérences présumées, une rupture du dialogue, des guerres d’influence, des nominations contestées, des milliards de FCFA impayés et une immixtion présumée du cabinet du ministre dans la gestion administrative et technique des douanes.

L’Intersyndicale aurait même saisi les plus hautes autorités dans une correspondance qualifiée d’explosive par les sources du dossier.

ET LES RECETTES DANS TOUT ÇA ?

C’est peut-être le volet le plus préoccupant. Selon les chiffres avancés dans le dossier, aucune direction départementale n’aurait atteint ses prévisions budgétaires depuis la période évoquée. Au premier semestre, Pointe-Noire aurait ainsi mobilisé 52,309 milliards de FCFA sur une prévision de 63,204 milliards, soit un écart de près de 11 milliards de FCFA.

Le dossier évoque également des écarts de plusieurs milliards au Kouilou, près d’un demi-milliard dans la Sangha, ainsi que des contre-performances à Brazzaville, dans la Lékoumou et le Niari. La direction des enquêtes douanières aurait, quant à elle, perdu une part importante de ses prévisions.

Ces chiffres posent une question centrale : la crise de gouvernance est-elle en train de coûter cher au Trésor public.

LE SILENCE NE RÈGLE RIEN

Pour l’heure, le cabinet du ministre des Finances n’aurait pas officiellement communiqué sur l’ensemble de ces accusations. Mais le temps presse. Car une paralysie des douanes ne serait pas une simple querelle administrative. Elle pourrait affecter les opérations économiques, les importations, les exportations et surtout les recettes de l’État.

Le dossier appelle donc désormais à des réponses précises : qui décide ? Qui engage les dépenses ? Qui contrôle ? Qui signe ? Qui fait les propositions de nomination ? Et qui répond lorsque les objectifs de recettes ne sont pas atteints ?

L’HEURE DES COMPTES

Au-delà des personnes, c’est l’autorité de la chaîne de commandement qui est aujourd’hui questionnée. Les accusations contenues dans ce dossier restent, pour les personnes visées, des allégations qui doivent être contradictoirement vérifiées. Mais leur accumulation, couplée à la menace syndicale et aux chiffres de recettes avancés, suffit à installer un climat de crise.

Quoiqu’il en soit, les douanes ne peuvent pas fonctionner durablement dans la suspicion, le bras de fer et la défiance.

L’administration douanière attend désormais des clarifications. Les syndicats, eux, ont déjà brandi la menace de la paralysie. La balle est dans le camp de la tutelle.

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