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DOUANES : DE LA CONTESTATION AU COMPROMIS, LES TRANSITAIRES BAISSENT LE PAVILLON DE LA GRÈVE

mer. 19 août 26

Le bras de fer n’aura duré qu’une journée. Après le mouvement déclenché à Pointe-Noire autour de plusieurs mesures douanières, les syndicats des transitaires et prestataires du Congo ont annoncé, le 19 août à Brazzaville, la levée de leur grève.

Face à eux, le directeur général des douanes et des droits indirects, Guénolé Mbongo Koumou, a défendu l’application des réformes fiscales tout en acceptant un ajustement progressif du tarif de la friperie.

LE DIALOGUE POUR ÉTEINDRE L’INCENDIE

La rencontre était très attendue. Après la mobilisation observée la veille à Pointe-Noire, les représentants des transitaires et des opérateurs économiques ont été reçus à la Direction générale des douanes et des droits indirects.

Pendant plus de deux heures, les deux parties ont passé en revue les principaux points à l’origine du mécontentement, la TVA appliquée à certains produits, le fichier-valeur et la nouvelle tarification de la friperie.

À l’issue des échanges, le constat est sans équivoque, le mouvement de grève est levé. Pour Awe Alanga Théodule, président du Syndicat des transitaires et prestataires du Congo, les discussions ont permis de « balayer tout ce qui était flou » et de parvenir à un terrain d’entente. Les transitaires sont ainsi invités à reprendre normalement leurs activités.

BISCUITS ET LAIT : LA LOI DE FINANCES S’IMPOSE

La hausse de la TVA sur certains produits avait constitué l’un des principaux déclencheurs de la contestation. Dans le système douanier, les opérateurs avaient constaté que la TVA appliquée notamment aux biscuits était passée de 0 à 18 %. Une évolution qui avait suscité des interrogations et des contestations.

Mais pour la Direction générale des douanes, cette modification n’est pas une décision administrative improvisée. Guénolé Mbongo Koumou a expliqué que l’administration ne fait qu’appliquer les dispositions de la loi de finances 2026, qui a supprimé certaines exonérations et réintégré plusieurs produits dans le régime fiscal de droit commun.

Le lait destiné aux enfants figure également parmi les produits concernés. « La TVA est du ressort de la compétence des États », a rappelé le directeur général, estimant que les changements intervenus relèvent de la volonté du législateur national.

FRIPERIE : 350 FCFA POUR CALMER LE JEU

C’est sur le tarif de la friperie que les négociations ont produit le compromis le plus concret. Le passage de 250 à 400 FCFA le kilogramme avait été jugé trop brutal par les opérateurs. Pour éviter une hausse trop rapide, les parties ont finalement retenu un tarif de 350 FCFA le kilogramme.

Mais cette mesure est présentée comme une étape. Une mission conjointe associant les services douaniers et les représentants des syndicats doit être menée dans les pays de la sous-région afin d’étudier les pratiques en vigueur et de déterminer un niveau de taxation jugé plus approprié.

Le Congo entend ainsi progressivement réduire l’écart avec certains pays voisins, où les tarifs appliqués à la friperie sont sensiblement plus élevés.

LE FICHIER-VALEUR RESTE INDICATIF

Autre sujet sensible, le fichier-valeur. Les opérateurs craignaient que les valeurs qui y figurent deviennent automatiquement la base de calcul des droits et taxes. Sur ce point, l’administration douanière se veut catégorique : le fichier-valeur n’est qu’un outil indicatif.

La référence demeure la valeur transactionnelle, conformément aux règles internationales et notamment à l’article 7 du GATT. L’administration peut cependant orienter ses agents sur certaines valeurs afin de limiter les risques de sous-évaluation et de fraude.

Pour Guénolé Mbongo Koumou, cette distinction est essentielle, l’outil interne d’aide à la décision ne saurait se substituer aux règles d’évaluation douanière.

LES OPÉRATEURS APPELLENT À LA REPRISE

Du côté des opérateurs économiques, le soulagement est manifeste. Le président de la Coalition des opérateurs économiques du Congo, Ongagna Daudin, a salué une rencontre qui, selon lui, a permis de mettre fin aux incompréhensions.

La COEC appelle désormais ses adhérents à reprendre pleinement leurs activités, dans l’intérêt du climat des affaires. « Il n’y a plus raison que cela continue », a-t-il résumé, confirmant que le mouvement est levé et non simplement suspendu.

LA DOUANE MAINTIENT LE CAP DES RÉFORMES

Si le conflit est désamorcé, la réforme, elle, ne ralentit pas. La Direction générale des douanes assume la nécessité d’accroître les recettes publiques et de réduire progressivement les niches d’exonération.

Guénolé Mbongo Koumou a insisté sur l’impératif de renforcer les ressources de l’État, dans un contexte où les autorités cherchent à améliorer la mobilisation des recettes. Sous l’impulsion du ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public, Christian Yoka, l’administration douanière entend donc poursuivre les transformations engagées.

Le message adressé aux opérateurs est que les réformes continueront, mais le dialogue doit accompagner leur mise en œuvre.

Après une journée de tension, le compromis aura finalement prévalu sur le bras de fer. La grève est levée, les transitaires reprennent leurs activités et une nouvelle séquence s’ouvre : celle de la mise en œuvre progressive des engagements pris autour de la friperie et du renforcement du dialogue entre douanes et opérateurs économiques.

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