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NOMINATIONS AU MINISTERE DE L’INTERIEUR ET DECENTRALISATION : ENTRE VRAIES REFORMES ET FAUX SCANDALES D’HOMONYMIE

dim. 23 août 26

La quête d’efficacité et de performance au sein de l’administration territoriale a dicté le tempo du 19 août 2026. Soit 111 jours après la publication du gouvernement Makosso III, un vaste mouvement de personnel a secoué la territoriale.

Par une série de quatorze décrets, un sang neuf a été injecté dans les rouages des entités administratives sous tutelle du ministère de l’intérieur et de la décentralisation. Une véritable thérapie de choc.

Et, de ce coup de pied dans la fourmilière, il n’y a ni maire, ni secrétaire général fantaisiste promu. Ndinga Alain (à gauche sur la photo) nommé maire de la communauté urbaine de Gamboma est différent, mais homonyme de Ndinga Alain (Dieudonné, sur la photo à droite) hissé secrétaire général du département du Congo-Oubangui.

De même, aucun fantôme n’est responsabilisé. Mboungou Raphaël qui devient sous-préfet de Loudima, n’est pas un fantôme et il n’a rien à voir avec son homonyme, feu le directeur départemental de la statistique de la Cuvette Ouest. Entre vraies réformes et faux scandales d’homonymie, la vérité absolue s’impose. Question de couler définitivement le mensonge et le Bad buzz qui s’est presqu’auto-effondré en un laps de temps. 

LE GRAND COUP DE BALAI

Dans ce département ministériel où le vieillissement des cadres flirtait avec l’archaïsme, l’immobilisme et le clientélisme depuis une décennie et demi, ces nominations ont radicalement bousculé les codes. En responsabilisant de nouvelles figures, le pouvoir a déclenché une vague d’euphorie générale au sein de l'opinion publique, scotchée devant la lecture des décrets à la télévision nationale.

Là où chaque observateur s'attendait au sempiternel recyclage des mêmes préfets, maires, sous-préfets et secrétaires généraux, la surprise a été totale. La responsabilisation d'une nouvelle génération de cadres a poussé les Congolais à scruter ces textes à la loupe.

PIEGE DES HOMONYMES ET BAD BUZZ

Une fois l’effet de surprise dissipé, les internautes et les « sentinelles » de la bonne gouvernance se sont rués sur les décrets publiés en ligne. C’est là que la machine à rumeurs s’est emballée.

En lisant le nom d'Alain Ndinga, nommé maire de la communauté urbaine de Gamboma, puis en retrouvant le même patronyme et le même prénom attribué au secrétaire général du département du Congo-Oubangui, la toile a crié au scandale. Sans vérification, les réseaux sociaux ont accusé le ministère de cumul de fonctions ubuesque.

Pourtant, il ne s'agit que d'une parfaite homonymie. Les investigations le confirment : Alain Ndinga, le nouveau maire de Gamboma, est un cadre émérite de l’administration qui célébrait d'ailleurs son mariage coutumier ce 22 août à Brazzaville.

De l'autre côté, son parfait homonyme, Dieudonné Alain Ndinga, éminence grise du secteur public, s'apprête à prendre ses fonctions au Congo-Oubangui. Deux hommes, deux destins, un seul nom.

L'OMBRE D'UN DOUTE LEVEE

Le scénario s'est répété avec l'affaire Raphaël Mboungou. Le décret n°2026-306 propulse un cadre à la tête du district de Loudima, dans la Bouenza.

Immédiatement, les internautes font le lien avec son homonyme, l'ancien directeur départemental de la statistique à Ewo, tristement décédé d'un arrêt cardiaque le 21 juillet 2026 à Brazzaville.

La rumeur d'une « nomination posthume » s'éteint devant la réalité des faits : le promu de Loudima est bien vivant et prêt à servir.

UN CASTING PASSE AU CRIBLE

Face aux spéculations, le cabinet du nouveau ministre, Jean Olessongo Ondaye, affiche une sérénité de marbre. Cent jours après sa prise de fonction, le ministre a imposé une méthode rigoureuse. « Ces nominations ont été précédées d’un travail de fond. Rien n’a été laissé au hasard. Tous les CV ont été passés au crible par des experts, adossés à des enquêtes de moralité et des entretiens méticuleux », confie un conseiller sous couvert d'anonymat.

Le tri s'est fait au moyen d'un entonnoir sélectif. « Il n’y a aucun double emploi, ni aucun "esprit" nommé dans la territoriale. Les passations de service dissiperont les derniers doutes », tranche-t-il.

LA PERFORMANCE, LE SEUL JUGE

Le véritable test débutera sur le terrain. Après une formation initiale, les nouveaux promus feront face à des obligations de résultats strictes. « Chacun sera maintenu ou remercié au gré de sa performance », prévient un membre influent du cabinet.

Malgré l’instrumentalisation de la toile par des cadres déchus et frustrés, cette vigilance citoyenne reste un marqueur fort de la gouvernance participative. Jean Olessongo Ondaye peut se féliciter de cet intérêt universel. Son ministère suscite les passions, là où d'autres départements opèrent de grands changements dans l'indifférence la plus totale de la population.

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