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LÉGISLATIVES 2027 : LE PCT VA-T-IL OUBLIER SES MILITANTS POUR PARACHUTER LES HOMMES DU POUVOIR

mar. 1 sept. 26

Le sujet est sensible et, la direction politique le sait. Et il mérite d’être posé avant que les arbitrages ne soient définitivement rendus. À l’approche des élections législatives de 2027, le Parti congolais du travail (PCT) se retrouve face à un choix qui dépasse largement la simple désignation de candidats. Il s’agit de déterminer quelle conception du militantisme le parti entend consacrer : celle du terrain, de la proximité et de la fidélité aux populations, ou celle de l’influence, du statut et des réseaux de pouvoir.

Ça boude et ça ronronne à Makoua, Mossaka, Brazzaville, Pointe-Noire, Abala...Des vrais militants du Parti congolais du travail (PCT) adoubés, voire investis par anticipation par les populations dans la perspective des législatives promettent de désobéir à la direction politique. Au cas où celle-ci investirait des « parvenus et des parachutés », notamment des ministres qui n’ont jamais été proche de la base, ni militants avérés. Des vrais inconnus sans légitimité populaire qui joueraient de leur influence et de leurs réseaux pour se faire investir.

TOUT POUR CERTAINS, RIEN POUR LES AUTRES

La bataille politique dans le cadre des futures législatives 2027 bat son plein en sourdine au sein du Parti congolais du travail où des militants et cadres au parfum de la gourmandise politique de certaines élites sans base, s’interrogent sur qui portera réellement les couleurs du PCT en 2027. Les militants de terrain, connus et implantés dans leurs bases, ou des cadres bénéficiant de leur position institutionnelle et désireux de transformer leur influence administrative en investiture politique ?

La bataille de la légitimité se joue. Les réseaux s’activent. On organise les coupes et tournois de foot et de nzango à Abala, Makoua, Mossaka, Brazzaville, Pointe-Noire, Sangha, Kouilou, Likouala, Doujé-Léfini. Mais la base du PCT n’est dupe.

En effet, dans plusieurs circonscriptions, des voix militantes dénoncent déjà ce qu’elles perçoivent comme une tentation, voir certains cadres, notamment des membres du gouvernement dont la plupart sont des véritables coquilles vides politiquement, se positionner pour une investiture dans des territoires où leur implantation militante est contestée ou insuffisamment démontrée.

LE MESSAGE DE MOSSAKA

La désobéissance à la hiérarchie couve par exemple à Mossaka ou Makoua où les militant redoutent que le sommet leur impose des cadres originaires desdites circonscriptions, mais sans expérience politique et base militante, par le simple fait qu’elles sont ministres.

La cacophonie, à Mossaka sur là où logerait le chef de l’Etat pendant son séjour de travail est un signe pris au sérieux à la base. Alors que tout était fait en amont pour que Denis Sassou N’Guesso réside chez un élu, l’Exécutif en solidarité avec une ministre originaire du district, mais sans encrage politique, presqu’inconnue au village, a imposé, au dernier moment que le président soit accueilli chez ladite ministre. Motif évoqué, elle est « quand même ministre ». Un ballon d’essai et une canaille pris au sérieux par les populations solidaires à l’élu. 

LE MILITANT DE TERRAIN FACE AU POIDS DU MINISTRE

Le malaise est simple à comprendre. Pendant des années, certains militants occupent le terrain, animent les structures de base, participent aux campagnes, accompagnent les populations, défendent les couleurs du parti dans les moments difficiles et entretiennent au quotidien, le lien avec les électeurs.

Et demain, au moment de choisir le candidat, vont-ils être écartés au profit d’un responsable dont le principal atout serait son rang dans l’appareil d’État ? C’est précisément cette perspective qui inquiète une partie de la base.

Le problème n’est évidemment pas qu’un ministre ou un haut responsable soit candidat. Un membre du gouvernement peut parfaitement être un excellent militant et bénéficier d’une véritable implantation populaire.

La véritable question est ailleurs : l’investiture doit-elle récompenser la fonction occupée ou la confiance construite sur le terrain ?

LE RISQUE DU PARACHUTAGE DES COQUILLES POLITIQUES

Dans des circonscriptions comme Abala, Makoua, Mossaka, Brazzaville, Pointe-Noire, Sangha, Likouala et d’autres zones politiquement stratégiques, le risque d’un sentiment de « parachutage » ne peut être ignoré.

Un candidat peut disposer d’un carnet d’adresses impressionnant à Brazzaville, fréquenter les couloirs du pouvoir et occuper une fonction prestigieuse. Mais une élection législative se gagne aussi dans les quartiers, les villages, les marchés, les associations, les familles et les structures militantes.

Une base politique ne se décrète pas. Elle se construit. C’est là que le futur comité d’investiture est attendu. Lors des précédentes investitures, le PCT avait lui-même présenté l’efficacité, le militantisme avéré des candidats dans les différentes circonscriptions comme un élément central du choix.

Cette exigence devrait donc conduire à examiner froidement chaque candidature : implantation locale, connaissance de la circonscription, fidélité au parti, capacité de mobilisation, bilan militant, proximité avec les populations et aptitude réelle à défendre le programme du PCT.

LES MILITANTS VEULENT ÊTRE ENTENDUS

Le message qui monte de la base pourrait se résumer ainsi, ne faites pas du militant de terrain le simple figurant de sa propre circonscription.

Car il existe un risque politique réel lorsqu’un appareil partisan donne le sentiment que l’investiture se gagne davantage dans les bureaux que sur le terrain.

Le militant qui colle les affiches, organise les réunions, mobilise les électeurs et défend le parti lorsque celui-ci est critiqué pourrait finir par se demander à quoi sert son engagement si, au moment décisif, son implantation ne pèse pas dans le choix du candidat. Et cette frustration peut devenir politiquement coûteuse.

LE COMITÉ D’INVESTITURE FACE À SA RESPONSABILITÉ

Le comité d’investiture aura donc une lourde responsabilité. Il ne devra pas seulement choisir des personnalités capables de gagner une élection. Il devra aussi préserver la cohésion interne du parti. Car une investiture contestée par la base peut fragiliser une campagne avant même son lancement.

À l’inverse, investir un militant reconnu, respecté et implanté peut créer une dynamique collective. Les structures locales se mobilisent, les cadres s’alignent et les électeurs identifient un candidat qui leur est familier.

Le choix des candidats devra donc être perçu comme un acte politique, mais aussi comme un message envoyé à tous les militants du PCT.

LE NOM, LE TITRE OU LA BASE ?

La question est désormais posée. Pour les législatives de 2027, le PCT choisira-t-il le candidat le plus proche des populations ou celui qui possède le plus haut rang dans la hiérarchie politique ?

Privilégiera-t-il l’ancienneté militante, l’implantation et la capacité de mobilisation, ou l’influence acquise grâce à une fonction gouvernementale ?

Et surtout, le parti acceptera-t-il que des militants ayant construit patiemment leur base soient supplantés par des candidats arrivés tardivement dans certaines circonscriptions ?

LA BALLE EST DANS LE CAMP DU PCT

Le comité d’investiture dispose encore de la possibilité de couper court aux interrogations. Il lui suffira de faire de la transparence, de l’implantation et de la compétence les véritables critères de sélection.

Car le PCT n’a pas seulement besoin de candidats connus à Brazzaville. Il a besoin de candidats connus dans leurs circonscriptions. Il n’a pas seulement besoin de cadres capables de parler au nom du parti. Il a besoin de militants capables de faire parler les populations en faveur du parti.

Et surtout, il ne faudrait pas que celui qui a travaillé pendant des années pour construire la maison regarde, impuissant, quelqu’un d’autre venir récupérer les clés au dernier moment.

RÉCOMPENSER LE POUVOIR OU LE TERRAIN ?

La réponse appartiendra au comité d’investiture. Mais dans les bases militantes, une conviction semble déjà s’installer, l’investiture ne devrait pas être une récompense pour le poste occupé. Elle devrait être la reconnaissance d’un engagement politique et d’une confiance populaire.

C’est à cette condition que les législatives de 2027 pourront être abordées avec une base mobilisée, plutôt qu’avec des militants frustrés et spectateurs de décisions prises loin du terrain.

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