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FUITE DE DOCUMENTS ET D’INFOS À LA CID : DES AGENTS SOUPÇONNES D’AVOIR TRAHI LES SECRETS D’ÉTAT PLACES EN CELLULE

sam. 5 sept. 26

Ils étaient censés garder les secrets. Ils sont désormais soupçonnés d’avoir laissé sortir des documents et des informations sensibles. Quatre agents de la Centrale d’intelligence et de documentation (CID), dont un colonel et trois lieutenants, se retrouvent au cœur d’une affaire de fuite qui pourrait alors leur coûter très cher.

LA CID INFILTRÉE DE L’INTÉRIEUR ?

Le colonel de police Charlaise Livoula et les lieutenants de police Lozère Moukouéri, Yannick Mathieu Ibara et Hursel Yoka Ondzoko sont cités dans une affaire de fuite présumée d’informations et de documents internes et mis aux arrêts au sein de leur propre administration.

Des informations sûres indiquent toutes les quatre taupes présumées sont des agents de la Centrale d’intelligence et de documentation (CID), avec des passages ou affectations dans différents services à Brazzaville, dans le Niari et ailleurs. Ces flics sur qui des soupçons de fuite des documents confidentiels pesaient parmi tant d’autres sont tombés récemment.

Leur dernier acte présumé, celui qui leur aurait été fatal, donc l’acte de trop serait la sortie et la diffusion de notes de service portant sur les affectations et nominations de leurs collègues agents secrets.

Des documents qui, normalement, ne sont pas destinés à circuler dans la rue, encore moins à se retrouver entre les mains de personnes étrangères au circuit administratif.

DES TAUPES AU CŒUR DU SYSTÈME ?

Dans les milieux du renseignement, une fuite n’est jamais anodine. Lorsqu’un agent disposant d’un accès privilégié à des informations confidentielles transmet des documents à l’extérieur sans autorisation, c’est toute la chaîne de sécurité qui se retrouve fragilisée.

Qui a sorti les documents ? Qui les a transmis ? À qui ? Pourquoi ? Et depuis combien de temps ? Autant de questions auxquelles les investigations devront répondre.

Le qualificatif de taupes, déjà utilisé pour désigner les agents soupçonnés d’alimenter l’extérieur en informations internes, ne saurait toutefois être considéré comme une qualification juridique définitive. Les responsabilités devront en effet, être établies par les procédures compétentes.

LE DEVOIR DU SECRET PROFESSIONNEL

Être policier, et plus encore travailler dans le renseignement, implique des obligations particulières de loyauté, de discipline, de discrétion et de protection de l’information, la réserve.

Les documents auxquels un agent accède dans le cadre de ses fonctions ne deviennent pas pour autant sa propriété personnelle.

Une note d’affectation, une décision administrative ou un document interne ne peut être librement photographié, copié ou transmis à n’importe quel destinataire.

La confiance accordée à un agent constitue précisément la contrepartie de son obligation de confidentialité.

ILS RISQUENT GROS

Si les faits étaient matériellement établis, les conséquences pourraient être sérieuses.

Sur le plan disciplinaire, les manquements aux obligations professionnelles peuvent entraîner des sanctions dont la sévérité dépend de la nature des faits et de leur gravité. Elles peuvent aller jusqu’à la rétrogradation voire la radiation des effectifs de la Force publique. 

Et si l’enquête faisait apparaître des éléments susceptibles de relever du droit pénal, une procédure judiciaire pourrait également être envisagée, selon la nature exacte des informations divulguées et les circonstances de leur transmission.

Autrement dit, la fuite d’un document administratif n’entraîne pas automatiquement une condamnation pénale, mais la divulgation non autorisée d’informations protégées peut prendre une tout autre dimension selon les faits établis.

QUI A OUVERT LA BRÈCHE ?

L’affaire pose surtout une question embarrassante : comment des documents internes de la CID ont-ils pu se retrouver hors du circuit prévu ? S’il s’agit d’un acte isolé, il faudra identifier les responsabilités.

S’il s’agit d’un système organisé tant nombreuses informations confidentielles émanant de cette administration se retrouvent souvent dans la rue, la question sera alors beaucoup plus grave : combien de documents et d’informations secrets sont sortis, depuis quand et au profit de qui ?

Pour l’heure, les quatre policiers cités restent présumés innocents tant qu’aucune décision définitive n’a établi leur culpabilité.

Mais si les soupçons sont confirmés, le message envoyé aux éventuelles autres « taupes » serait sans ambiguïté, « à la CID, le secret se garde. Il ne se vend pas. Il ne se diffuse pas ». Ici, les mises en garde et instructions du ministre Jean Olessongo Ondaye semblent être tombées dans les oreilles des sourds.

Affaire à suivre

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