Biens de luxe, images triomphantes et train de vie affiché. Pendant que la majorité des Congolais peine à joindre les deux bouts, le spectacle donné par certains responsables politiques interroge.
La récente sortie en France de la « femme d’affaires », députée du Parti congolais du travail (PCT) Antoinette Olou exhibant sur internet son « appartement » acquis en France, allonge la liste des dirigeants bling-bling, de leurs enfants et proches qui narguent un peuple dans le dénuement.
UNE L’ELITE QUI PERD LA TÊTE
Certaines images ne passent pas et certaines publications font parler. Tout comme, il y a des démonstrations de réussite qui sont politiquement contreproductives, socialement explosives, lorsqu’elles surviennent au milieu d’un peuple appauvri.
Malheureusement, c’est le comportement public de certains responsables politiques, cadres du pouvoir, leurs femmes, leurs « bureaux » ou maitresse et leurs enfants qui, exhibent voitures et vêtements de luxes, maisons, voyages ou autres signes extérieurs d’aisance.
Le cas de la députée Antoinette Olou dont une publication a suscité des réactions, n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, de cette élite plus inspirée et active dans les bassesses que dans les cénacles de prise de décision.
Nul ne saurait contester à une élue, de surcroit « femme d’affaires », son droit de disposer de biens personnels ou de montrer des moments de sa vie.
Mais, le message politique renvoyé à une population en souffrance est celui de l’ostentation, voire de la provocation.
S’ILS COPIAIENTT LE BON EXEMPLE
Une vieille députée du Parti congolais du travail (PCT), d’une expérience publique avérée devrait à défaut d’être humble, jouer la modestie, à l’instar de ses chefs à l’instar de Pierre Moussa le secrétaire général, les membres du secrétariat permanent et bien d’autres cadres pourtant très riches, comme le voudrait la ligne de cette ancienne formation socialiste voire communiste.
Une élue muette à l’Assemblée nationale où elle devrait proposer des lois en faveur des populations, participer au contrôle de l’action gouvernementale pour plus de résultats de l’Exécutif, devrait, au-delà de sa vie privée, être modeste. Au lieu de rechercher le buzz. Nul ne sait par exemple si Pierre Moussa le secrétaire général, plusieurs fois ministre et cadre communautaire, dispose outre sa résidence officielle, des immeubles à Brazzaville ou des résidences privées en France.
QUI EXPOSE, S’EXPOSE
D’un côté, le Congolais ordinaire qui calcule chaque dépense. De l’autre, des dirigeants qui transforment leur réussite matérielle en vitrine permanente.
Aussi, il parait normal et responsable que PCT mette davantage de critères dans le choix des cadres.
Car, avec un demi-siècle à la tête d’un pays où tout devient difficile sauf la maladie et la mort devrait, ses cadres seraient politiquement intelligents, socialement sages et économiquement réservés, pour exhiber leurs richesses. Surtout, lorsque ceux que l’on prétend représenter le peuple qui vit dans la précarité.
LE PEUPLE SE SACRIFIE, LE DIRIGEANT DOIT SE RETENIR
La modestie n’est pas synonyme de pauvreté et la sobriété n’est pas la misère. Et la responsabilité politique ne consiste pas à demander aux citoyens de vivre dans la privation.
Un responsable politique peut posséder une belle voiture. Une députée peut avoir une belle maison. Un ministre peut voyager. Un cadre de parti peut avoir une vie confortable.
Mais lorsqu’on exerce une responsabilité publique, chaque geste possède une dimension politique.
Une simple publication personnelle pour un citoyen ordinaire est perçue autrement lorsqu’elle émane d’un élu, d’un cadre politique ou d’un responsable de la majorité.
Parce que derrière celui qui regarde ces images se trouve parfois un enseignant qui attend son salaire. Un étudiant confronté aux difficultés de l'université. Un agent municipal qui réclame ses rémunérations. Un malade qui attend des soins. Un père de famille qui fait la queue devant une station-service. Une mère qui cherche de l’eau ou qui doit composer avec les difficultés d’électricité.
Voilà pourquoi la question de la décence politique de mérite d’être posée.
ET SI PIERRE MOUSSA SE REVEILLAIT
En sa qualité de secrétaire général du PCT, président par intérim de la Majorité présidentielle, Pierre Moussa assume une responsabilité particulière dans la cohésion et la discipline de la famille politique présidentielle.
S’il rappelait à la modestie lors des réunions, il n’aurait pas commis un crime. Pierre Moussa devrait rappeler à ceux qui portent les couleurs du PCT et de la majorité présidentielle qu’en période de difficultés sociales, la responsabilité commande parfois de savoir montrer moins pour mieux écouter davantage.
Puisque les pères fondateurs de l’art de gérer la citer alertent qu’on ne gouverne pas seulement par les décisions que l’on prend, mais aussi par les symboles que l’on renvoie au peuple.
UNE ÉLITE DÉCONNECTÉE ?
Lorsqu’un parti incarne les aspirations profondes du peuple, comme l’a déclaré Pierre Moussa lors de la présentation du programme 2026 du PCT, la cohérence entre le discours et l’image publique de ses cadres est essentielle.
La richesse ne pose aucun problème, mais l’ostentation énerve le peuple. Réussir ce n’est pas un péché, mais réussir sous les projecteurs lorsque ceux que l’on représente demandent simplement de pouvoir vivre dignement, peut être interprété de la frustration.
MODESTIE, RESPONSABILITÉ
La République n’a peut-être pas besoin d’une nouvelle bataille politique autour des voitures, des maisons ou des vêtements de ses dirigeants. Le peuple réclame les résultats. Il veut du carburant, de l’eau, de l’électricité, du transport, des hôpitaux fonctionnels, d’une université qui fonctionne, du salaire payé à temps, des collectivités capables d’assumer leurs missions.
Le peuple n’a pas besoin de savoir surtout de voir les dirigeants exhiber leurs richesses, mais d’une classe politique capable de comprendre que la proximité avec le peuple ne se proclame pas, qu’elle se démontre et se vit.
A Pierre Moussa qui le sait, de rappeler à ses hommes que le peuple regarde. Le peuple observe ses dirigeants. Mais il regarde aussi ceux qui prétendent parler en son nom.
Un rappel à la modestie, à la sobriété et au sens de la responsabilité publique ne ferait pas de mal aux membres du PCT et de la majorité présidentielle.
Parce qu’en politique, Pierre Moussa le sait, ce n’est pas ce que l’on possède qui choque, mais le moment choisi pour le montrer.
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