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JUSTE MONDELE ET JEAN JACQUES YHOMBY-OPANGO : DEUX DEMISSIONS, DEUX DESTINS
jeu. 22 oct. 26
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Juste Désiré Mondélé (JDM) a quitté le Club 2002 Parti pour l’unité et la République (Club 2002-PUR), formation de son « grand frère » Guy César Wilfrid N’Guesso. Il deviendrait le père fondateur du 3R. Jean Jacques Serge Yhomby-Opango (JJSYO) a abandonné la présidence du Rassemblement pour la démocratie et le développement (RDD), fondé par son père Jacques Joachim Yhombi-Opango voici 35 ans. Il choisirait la retraite politique.

Si l’un se reconstruirait ailleurs ; l’autre passerait le relais. Reste à savoir si ces ruptures conduiront à un renouvellement réel des pratiques politiques ou, si elles ne feront que déplacer les lignes sans transformer les structures.

Juste Désiré Mondélé pourrait se lancer dans la création du Rassemblement des républicains réformateur (3R). Jean Jacques Serge Yhomby-Opango pourrait vaquer librement à d’autres occupations.

Au-delà des motifs respectifs évoqués, se dégagent deux trajectoires qui se dessinent, entre la volonté de rebondir et le possible retrait de la scène politique.

DEUX DEMISSIONS, DEUX DESTINS

À quelques mois des prochaines échéances politiques, Juste Désiré Mondélé et Jean-Jacques Serge Yhomby-Opango quittent des responsabilités importantes. Mais rien n’indique qu’ils envisagent la suite de leur parcours politique de la même manière.

Le 2 juillet 2026, Mondélé rompt avec le Club 2002-PUR, après vingt-cinq années de compagnonnage politique. Le 3 octobre, Yhomby-Opango annonce son départ de la présidence du Rassemblement pour la démocratie et le développement (RDD).

Le premier conteste entre autres, des considérations administratives, des décisions relatives à l’organisation du congrès de son parti. Le second dénonce les dysfonctionnements de sa formation et les difficultés structurelles de l’opposition. Mondélé rebondirait en créant sa propre formation politique, baptisée 3R dont le congrès serait attendu. Yhomby-Opango s’orienterait vers une retraite politique ; à défaut d’une activité à minima. Ces ruptures touchent aux responsabilités politiques, aux liens personnels, à l’histoire du Club 2002 et du RDD.

MONDELE, REBONDIR AVEC LE 3R MAIS…

La perspective de créer une nouvelle formation politique, baptisée 3R, est évoquée. Si ce projet se concrétise, Mondélé pourrait transformer son départ en une tentative de reconstruction politique autonome.

Il lui faudrait alors passer du statut d’ancien secrétaire général à celui de fondateur, avec les exigences l’implantation militante, l’organisation interne, les moyens financiers et le projet politique identifiable.

Quitter un appareil assis pour bâtir sa propre structure est un changement de positionnement significatif. Mais créer un parti, ne garantit ni son implantation, ni sa capacité à peser durablement dans le débat public.

La seule certitude est que le brillant orateur JDM, est un tribun qui sait malmener les mots. Pétri d’une bonne expérience au cabinet du chef de l’Etat, au gouvernement et au sommet de Club 2002, il a géré et jugulé des crises aussi administratives et politique que sociales. et malmène bien les mots. Le niveau et la capacité intellectuels sont au point. Mais, l’argent en a-t-il assez ? Parce qu’en politique, il faut investir, toujours dépenser. Sans compter.

Le défi sera au-delà de l’intention, confirmer la création du 3R, son fonctionnement régulier, de confirmer le tout par des victoires aux législatives et aux locales, sans se lancer dans une concurrence avec qui que ce soit.

YHOMBY-OPANGO, TRANSITION OU RETRAITE

Contrairement à Mondélé qui quitte le Club 2002 PUR, Yhomby-Opango renonce à la fonction mais son avenir au sein du RDD et son éventuelle retraite politique doivent donc être envisagés avec prudence.

Quitter la présidence revient à se retirer de la direction d’une formation dont l’histoire est intimement liée à celle de sa famille est une quatre équation.

Cette filiation pose la question de la transmission d’un héritage politique et de la capacité d’une formation historique à se renouveler au-delà de la personne qui l’a dirigée.

Yhomby-Opango dresse un bilan critique du RDD, reconnaît avoir parfois tardé à prendre certaines décisions et avoir assumé trop longtemps des responsabilités qui auraient dû être davantage partagées. Il déplore la faiblesse des cotisations, le manque de moyens et la concentration des difficultés au niveau de la présidence.

Son constat, un parti ne peut pas reposer durablement sur un seul homme. Il met aussi en cause les querelles de leadership et les ambitions individuelles qui fragilisent l’opposition congolaise. Pour lui, l’alternance ne se prépare pas à l’approche des élections, mais exige une implantation sur le terrain, la formation des cadres, le financement des activités et l’élaboration d’un projet de société.

Quant à son avenir, l’hypothèse d’une retraite politique est évoquée. Si elle se confirme, son départ pourrait marquer la fin d’un cycle pour un homme appelé à diriger une formation héritée de son père.

Yhomby-Opango ne renonce à ses convictions ni à son engagement au service du Congo. Il reste donc une distinction à faire entre abandonner une présidence, quitter un parti et se retirer de la vie politique.

Cependant, le départ de Juste Désiré Mondélé du Club 2002, la démission de Jean Jacques Serge Yhomby-Opango de la tête du RDD, auront des conséquences qui permettront d’en mesurer la portée.

Pour Mondélé, l’avenir dira si la perspective du 3R débouche sur une véritable formation politique, avec des structures et un projet propres.

Pour Yhomby-Opango, il faudra savoir si son départ favorise le renouvellement du RDD et si la transmission des responsabilités peut s’effectuer dans des conditions permettant au parti de surmonter ses difficultés.

Dans les deux cas, il faudra examiner les actes, les choix futurs et les transformations effectivement engagées.

Leurs décisions appellent à se demander que devient un parti, lorsque ses équilibres reposent sur des personnalités, des liens de proximité ou un héritage familial.

FACE AU DESTIN

Les militants doivent pouvoir participer aux décisions, demander des comptes à leurs dirigeants et choisir leurs responsables dans des conditions transparentes. Sans cette exigence, les démissions risquent de se succéder sans que les problèmes de fond soient résolus.

Au fond, la question n’est peut-être pas seulement de savoir ce qui fait courir Mondélé et Yhomby-Opango. Elle est aussi de comprendre ce qui les conduit à prendre des chemins différents après avoir occupé des positions importantes dans leurs formations respectives.

Car partir pour recommencer et partir pour se retirer sont deux décisions différentes. Faut-il alors savoir laisse-t-on derrière soi, lorsqu’on quitte une fonction, une formation ou un héritage politique.

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