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APRÈS LE RECADRAGE DE MAKOSSO : LE PORT DE POINTE‑NOIRE AU BORD D’UNE CRISE DE CONFIANCE
mer. 4 nov. 26
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Le rappel à l’ordre du Premier ministre Anatole Collinet Makosso a rétabli la légalité administrative au sommet du Port autonome de Pointe‑Noire. Mais il n’a pas nécessairement effacé les dégâts relationnels provoqués par les décisions du ministre des Transports, Josué Rodrigue Ngouonimba.

Entre le directeur général suspendu puis rétabli et le directeur général adjoint désigné intérimaire avant la remise en cause de de la note, on il faut comment vont-ils travailler sereinement ensemble et quels rapports existeront entre le ministre de tutelle et le directeur général qu’il tenté d’écarter. U

Le zèle du ministre Ngouonimba remet sur la table, le problème de gouvernance, d’autorité hiérarchique et de confiance. En tenant de suspendre Séraphin Bhalat et d’installer le directeur général adjoint, Serges César Bouya au sommet du PAPN, le ministre des transports, de l’aviation civile et de la marine marchande a ouvert une séquence dont les conséquences dépassent le cadre des notes de service.

Comme Mouamba avec Ibombo pour le cas Castanou à l’ARPCE, le premier ministre Anatole Collinet Makosso a rétabli la loi. Mais, sa note n’humanise pas le climat et la confiance après une telle tentative. 

BHALAT RÉTABLI, MAIS QUELLE CONFIANCE APRÈS ?

En rappel, le 2 novembre 2026, le ministre Ngouonimba suspend Séraphin Bhalat, directeur général du PAPN et d’autres responsables de l’établissement, nomme le DGA Serges César Bouya comme intérimaire. Un jour après le premier ministre Anatole Collinet Makosso demande au ministre de « rapporter sans délai les notes de service relatives aux suspensions et à la désignation de l’intérimaire » invoquant la « violation des textes en vigueur et un problème de compétence administrative ».

Séraphin Bhalat reprend ses fonctions. Mais, il va forcément s’interroger sur les rapports qu’il devra désormais entretenir avec son adjoint qui était placé en situation de le remplacer et, il ne pourra plus, s’il n’est pas hypocrite continuer à diriger sereinement un établissement dont le numéro deux a été désigné, par son autorité de tutelle, pour prendre sa place.

Puisque, au-delà du titre et du décret, l’autorité et la confiance dans toute institution suppose la reconnaissance, la discipline hiérarchique entre les principaux responsables.

SERGES BOUYA, LE DGA DANS UNE POSITION DÉLICATE

Le rappel du premier ministre vaut échec de la nomination par le ministre de l’intérimaire qui se retrouve dans une situation délicate même s’il reprend, poursuit ses fonctions de DGA auprès d’un DG dont il avait été remplacer.

Bouya n’est pas l’auteur de la décision ministérielle. Mais, son nom a été associé à une mesure qui a placé son supérieur hiérarchique dans une position d’éviction temporaire.

Il est difficile qu’il exerce pleinement ses responsabilités sans que son rôle dans cet épisode ne pèse sur les rapports professionnels. Le risque d’une méfiance réciproque, d’une collaboration fragilisée et d’une administration meublée par des suspicions est grand.

Car, en faisant de Bouya l’intérimaire dans ces circonstances, le ministre l’a placé au cœur d’un conflit hiérarchique dans lequel il n’avait rien à voir.

NGOUONIMBA-BALHAT, L’INEVITABLE DUEL

La suspension de Balhat est un désaveu de sa hiérarchie directe. Son rappel, est aussi une frustration pour Ngouonimba qui n’exercerait plus l’autorité de tutelle sans que cet épisode hante son esprit et celui du DG. 

En un mot, la confiance s’est évaporée. Le directeur général recevra les orientations de son ministre. Mais, il ne le prendra plus avec la même sérénité.

L’autorité ministérielle n’est pas remise en cause. Le ministre conserve ses prérogatives de tutelle et de contrôle. Mais leur exercice ne se fera plus dans le respect. Car, la confiance entre les deux niveaux de responsabilité est rompue.

Même le retrait des notes de service ne garantit pas le retour à un climat de travail apaisé, au dialogue, aux rapports fondés sur le respect des textes.

ON NE CONTOURNE PAS LA LOI

Le dossier PAPN rappelle que le respect des règles de nomination et de gestion des hauts emplois publics doit être de rigueur.

La loi n° 2‑2018 du 5 février 2018, qui fixe les modalités de nomination aux hauts emplois civils et militaires, établit une répartition précise des compétences.

Son article 2 prévoit que les directeurs généraux et directeurs généraux adjoints des administrations centrales, des entreprises et des établissements publics sont nommés par décret simple du président de la République.

L’article 3 précise que les autres emplois et fonctions non visés par les deux premiers articles sont pourvus par décret du premier ministre.

L’article 4 autorise le chef du gouvernement à déléguer aux ministres son pouvoir de nomination pour certains emplois et fonctions.

C’est dans ce cadre qu’intervient le décret n° 2018‑350 du 10 septembre 2018. Son article premier limite explicitement la délégation accordée aux ministres à la nomination des chefs de service, des chefs de division, des chefs de bureau et des chefs de section des administrations centrales, des entreprises et des établissements publics.

Il ne leur confère donc pas, par cette délégation, le pouvoir de nommer un directeur général ou son adjoint. La suspension comme la désignation d’un intérimaire sont appréciées au regard des compétences de l’autorité de nomination et des règles applicables à l’établissement concerné.

Et, c’est le problème de compétence soulevé par le premier ministre dans le rappel. En demandant le retrait des notes contestées, Anatole Collinet Makosso a rappelé que l’action gouvernementale ne saurait se construire sur des initiatives individuelles qui ignorent la répartition réglementaire des responsabilités.

LA LEÇON AUX MINISTRES ZELES

Cet épisode vaut interpellation à l’ensemble des ministres. Les établissements publics ne sont ni des propriétés personnelles ni des espaces de récompense politique où chacun pourrait placer, déplacer ou remplacer les responsables selon ses préférences.

La tutelle ministérielle n’est pas un pouvoir absolu au contraire, elle implique le contrôle, l’orientation et le suivi de l’action puis elle ne saurait autoriser le contournement des procédures de nomination et de révocation légales.

En tentant d’aller vite que la loi, Ngouonimba et tout collègue expose ses décisions à l’annulation, fragilise les équipes dirigeantes, créé des rivalités internes et compromet la continuité du service public. Puis de son côté, le ministre de tutelle s’introduit dans posture délicate face à un collaborateur qui le prend désormais pour un bourreau.

Et la vérité est que les conséquences de cet épisode se prolongeront au-delà du retrait des notes de service et finiront par affecter la gestion du port.

AU-QUI RÉPARERA LE CLIMAT DE TRAVAIL ?

Séraphin Bhalat et Serges César Bouya vont reprendre leur collaboration. Mais ça ne sera pas comme si rien ne s’était passé. Le ministre Ngouonimba va renouer avec son directeur général. Mais le mauvais souvenir de cette tentative de suspension hantera les esprits. Plus grave, rien en garantit les autres cadres du port qu’ils en seront pas les victimes collatérales d’éventuelles tensions au sommet.

En fait, l’affaire PAPN sert d’avertissement à tous les ministres et rassure aussi les DG transformés en marchepieds par leur ministre. Car, on ne gouverne pas un établissement public en contournant les textes. On ne restaure l’autorité en fragilisant ceux qui doivent travailler ensemble.

Maintenant que la légalité est rétablie le premier ministre. La confiance hélas, ébranlée, prendra du temps. Nul ne sait si elle est désormais perdue. 

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