Nommé voici onze ans dans les habits de l’intérimaire. Suspendu aujourd’hui dans ceux du directeur général. Séraphin Balhat découvre, à son tour, que le fauteuil du Port autonome de Pointe-Noire (PAPN) n’est pas un patrimoine absolument maitrisable. Ironie de l’histoire. Il avait lui-même, bénéficié du même scénario en 2015.
Le fauteuil de directeur général du Port autonome de Pointe-Noire est parmi ceux qui donnent le vertige. On y entre parfois par une note de service. On s’y installe avec les honneurs. Puis, on peut en sortir par une autre note de service. Séraphin Balhat, suspendu de ses fonctions le 2 novembre 2026 par le ministre des transports, est en train d’en faire l’expérience.
Le directeur général suspendu quitte ainsi un poste auquel il avait accédé en 2015, dans des circonstances identiques à celles de son départ.
2015, LE FAUTEUIL LUI SOURIAIT
En juin 2015, Pascal Ngotène, directeur général du Port autonome de Pointe-Noire depuis le 14 octobre 2014, est suspendu par une note de service signée par Rodolphe Adada, ministre des Transports de l'époque.
Séraphin Bhalat profite de cette redistribution des cartes. Il est désigné pour assurer l'intérim par le même procédé administratif. Une note de service ministérielle. Une promotion provisoire qui finira par prendre une tournure définitive, puisqu'il sera ensuite nommé par décret présidentiel.
À l'époque, le mécanisme ne semblait manifestement pas lui poser de problème. Le fauteuil était disponible, la tutelle avait tranché et l'intéressé avait pris place.
Onze ans plus tard, changement de décor. En 2015, il remplace Ngotene, lui aussi passé par la case intérim, avant d'être confirmé en Conseil des ministres. En novembre 2026, c'est à son tour de recevoir la décision de la tutelle. La roue administrative vient donc d'effectuer un tour complet. Et, cette fois, ce n'est pas lui qui tient le stylo.
LA TUTELLE A PARLÉ, LE SILENCE AUSSI
Depuis sa suspension, Séraphin Balhat se fait district. Son intérimaire lui, enchaine les réunions et échanges avec les agents. Serges Bernard Bouya aura une grande rencontre annoncée pour ce vendredi 6 novembre à 15 heures, à l'auditorium du PAPN. La présence de tous les agents est « obligatoire ».
Le silence des agents, l’absence de protestation collective significative des agents contre sa suspension ne semble et la poursuite du travail après la nomination de l’intérimaire suppose que les années Balhat sont dans la corbeille de l’histoire.
Pas de levée de boucliers spectaculaire, pas de contestation générale affichée, pas de mobilisation massive connue pour réclamer son retour. Le silence est parfois plus éloquent que les discours. Il ne signifie certes pas que tous les agents approuvent la décision ministérielle, mais il ne ressemble pas non plus à une démonstration de solidarité populaire en faveur du directeur suspendu.
L'ARROSEUR ARROSÉ
Au port autonome de Pointe-Noire, l'histoire a parfois un humour cruel. Elle remet les acteurs dans des rôles qu'ils avaient autrefois regardés depuis le fauteuil du pouvoir.
Séraphin Balhat connaît désormais l'envers du décor puisqu’en 2015, il avait bénéficié d'une porte qui s'ouvrait à la suite du départ de son prédécesseur. En 2026, cette même porte vient de se refermer devant lui.
Si le calme se poursuit, il est à craindre qu’au Port autonome de Pointe-Noire, le fauteuil de directeur général ait rappelé qu'il n'est ni un trône, ni une propriété privée, encore moins un siège à vie.
Car, Séraphin Balhat, qui avait autrefois bénéficié de la mécanique, vient d'en découvrir le sens inverse. La roue tourne. Même pour ceux qui pensaient en maîtriser le mouvement.
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